Lundi 5 janvier 2009
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Noël ? Double ration de fourrage.
En ce changement d'année, plusieurs événements importants et paradoxaux méritent notre attention. Nous avons en effet fêté la naissance de Jésus de Nazareth ... il y a près de deux millénaires. Cet
homme prêchait à ceux qui l’écoutaient de se préoccuper surtout d’amasser un trésor céleste en répandant la paix et l’amour, en aimant même nos ennemis, plutôt que d’accumuler vainement des biens
matériels ici-bas. Un âne étant là pour jouer le rôle de sauvage central, cette histoire fait aussi partie de mon patrimoine collectif
Pour célébrer la mémoire de ce grand personnage les hommes ont échangé toutes sortes d’objets à la beauté et à l’utilité très variables, Le père Noël a tant œuvré de par le monde, en essayant
malgré tout d'éviter le ciel Palestinien qui, encombré de F16 distribuant généreusement la mort, auraient pu descendre en flamme le céleste traîneau du "vieux barbu" .Gageons qu’un pareil
super-héros gagnera plus facilement l’estime des enfants que le type mal habillé qui recommandait de tendre l’autre joue lorsqu’on reçoit une baffe.
Mais la fête de Noël n'était pas la seule date importante cette semaine. Nous passons en effet aussi le cap de la nuit la plus longue de l’année dans tout l’hémisphère nord, nuit qui marque
le début officiel de l’hiver. Pendant cette saison qui commence, des sans-abri mourront encore de froid dans les rues d’Amérique du nord et d'Europe, comme chaque année. Toutes ces morts qui
surviennent dans l’une des régions les plus opulentes de la planète n’ont-elles pas quelque chose d’étonnant, de paradoxal et de scandaleux ?
Nous avons aussi fêté le passage à l'année nouvelle. Les SMS, rapidement transformés en signaux lumineux impacteront les écrans portatifs de leurs signatures. "Bonne année et
coquelicots"..."Bonne santé et tout le toutim" ... Expressions d'une solidarité de tribu et illusions d'un monde meilleur en se poussant pour faire place à un proche près du feu.
Ces prochains temps, nous espérons aussi fêter l'obtention de notre permis de construire qui est une clause nécessaire pour devenir propriétaires de notre petit bout de terre et de notre tas de
cailloux dont nous essayerons de faire un lieu ouvert...
Qui, aujourd’hui oserait prétendre que l’esclavage est légitime ? Probablement personne. Et personne aujourd’hui ne remettrait en question l’idée de permettre aux femmes et aux autochtones de voter
comme n’importe quel autre citoyen . Si évidents qu’ils puissent nous sembler, ces deux principes n’ont pourtant eu que quelques décennies pour s’installer dans la psyché collective, extirpant
rapidement les croyances millénaires dont ils étaient l’antithèse. Combien d'illusions sembleront aux hommes bien étrangères dès qu'ils arriveront à s'en extirper. Tout ce qu’il reste aux hommes à
déterminer, c’est s'ils ont encore aujourd’hui des illusions susceptibles d’apparaître bientôt grossières et méprisables aux générations qui suivront et qui jugeront. Prétendons que oui, par simple
humilité. Il ne resterait alors qu’à essayer de les pointer précisément et à prendre des gageures, en supputant quelle sera la prochaine injustice à tomber.
Si on me demandait de parier, je crois bien que je pointerais le droit de propriété privée et exclusive comme l’une des chimères de notre époque. Car comment justifier ce droit de posséder un
édifice chauffé et vide, devant lequel viendra mourir de froid un sans-abri auquel on prétend pourtant reconnaître le « droit à la vie, à la liberté, à la sécurité de sa personne » ? Comment
justifier qu’un homme puisse accumuler pour lui seul une fortune de plusieurs dizaines de milliards de dollars pendant que des milliers d’enfants meurent chaque année de maladies évitables par un
simple vaccin ne coûtant que quelques sous? Comment justifier raisonnablement que les 20% de la population planétaire qui ont la chance d’habiter dans les pays riches (c’est à dire nous !) aient le
droit de posséder et d’exploiter pour leur seul bénéfice 80% des ressources naturelles du monde, laissant ainsi les autres 80% de la population se partager la misère, la faim, la mort ?
Lorsque nous aurons vaincu ce mirage qui consiste à croire qu'il peut être juste et bon d’être propriétaire de biens ou de richesses dont le manque cause la mort d’autres humains, peut-être alors
penserons-nous à célébrer la naissance de l’un des plus grands apôtres du détachement face aux biens matériels autrement qu’en échangeant des babioles. Et peut-être que nos hivers seront alors un
peu moins meurtriers, et qu’il sera donc un peu moins paradoxal de faire bombance pour en célébrer l’arrivée. Pourquoi tant de chrétiens de par le monde, croyant en Jésus, et parmi eux les « grands
» de ce monde, ne se lèvent-ils pas tous les matins en ayant simplement en tête de prendre sa vie en exemple ?
Ces petites réflexions suivent le fil d'un texte de François Privé, professeur de philosophie. Mais je ne suis qu'un âne qui ne voit pas plus loin que le bout de ses oreilles.
Nous serons donc bientôt propriétaires mais j'espère conscients et responsables... Enfin, pour mes maîtres surtout car je ne suis vraiment que propriétaire de mon pelage. Si j'en crois la vérité de
mes maîtres, notre maison ne pourra qu'être un lieu d'accueil et de partage.
Il ne me reste qu'à souhaiter un bel à venir à tous